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27 juin 2008 5 27 /06 /juin /2008 07:37


Lorsque vous souhaitez vous tenir au courant de l’actualité culturelle : spectacles, danse, théâtre, art contemporain, littérature, expositions, patrimoine, architecture…adoptez le réflexe culture.fr, un portail riche et diversifié susceptibles d’éveiller des curiosités et de donner des idées de sorties.

C’est comme ça que je suis tombé sur le bicentenaire de Barbey d’Aurévilly, un vieux souvenir de Lagarde et Michard ou de Bac de français. En fait pas si vieux que ça puisqu’il y a 2 ans, en sillonnant le Cotentin, nous nous étions arrêtés à Saint Sauveur le Vicomte pour une visite du superbe château féodal au pied duquel le cimetière Montparnasse accueille la sépulture de l’auteur depuis 1926.

En rentrant à Nucourt je m’étais rendu à la bibliothèque où j’étais sûr d’avoir eu en main un volume de son œuvre. Mais rien ! Rien jusqu’il y a quelques jours…où je repars à l’assaut. Mais toujours rien dans les B ! Mais où est-il donc ce bouquin ? Emprunté ? J’ose à peine y croire. J’ouvre l’ordinateur : oui, on a bien « Les diaboliques » en rayon…mais classé en DAU, Ah ! Ah ! Ah ! Comme si Barbey pouvait être un prénom ! Je rêve ! Le principal c’est de l’avoir retrouvé, n’est-ce pas ? Maintenant vous savez où le trouver !

 

Jules Amédée Barbey d’Aurévilly (1808-1889)

Issu d’une famille normande du Cotentin, anoblie en 1756, il est élevé dans une famille évidemment nostalgique de l’Ancien Régime et de la chouannerie. Il mènera une existence extravagante et à rebondissements. On s’accorde généralement pour la découper en 5 actes :

1/ 1808-1837 : c’est l’âge de la formation intellectuelle et sociale, c’est aussi l’âge des ruptures avec la famille, l’aristocratie provinciale, les lieux de son enfance (St Sauveur le Vicomte, Valognes, Caen…) puis la montée à Paris. C’est surtout une période riche en découvertes littéraires.

2/ 1838-1846 : période d’affirmation de soi, c’est l’image du dandy qu’il faut retenir. Il navigue dans les salons, mondains, scandaleux, beau parleur et grand séducteur. Il ne passe pas inaperçu et impose son style.

3/ 1846-1862 : période de travail intense où il déploie ses talents de militant politique, de journaliste et critique littéraire et d’écrivain. Barbey d’Aurévilly s’engage dans sur différents fronts : l’intégrisme catholique et le soutien à l’autoritarisme de Louis Napoléon Bonaparte. Ces prises de position, violentes et fanatiques, transparaissent dans ses multiples contributions éditoriales. A côté de cela il exerce une activité de critique. Il brocarde ou encense les écrivains les plus célèbres ou tombés aujourd’hui dans l’anonymat. C’est en 1849 qu’il édite ses premières œuvres littéraires « La vieille maîtresse », « L’ensorcelée »…Les années 60 voit chez lui une transfiguration radicale. Barbey d’Aurévilly sort de la scène publique et se réfugie dans une superbe solitude. Peut-être a-t-il perdu ses illusions ?
4/ 1862-1874 : la littérature n’est plus désormais un moyen de réussite sociale et d’ambition mais un exercice de résignation. Fini l’excentrique, le séducteur, l’imprécateur, le tout puissant directeur de publication, l’éditorialiste politique…
5/ 1875-1889 : sa sortie du monde s’est traduite par un travail de recueil  de ses articles et de réédition de ses œuvres. C’est désormais un homme du passé, une vieille gloire, encore adulé par certains mais redouté de tous. Il est toujours très sollicité par les journaux et visité par la nouvelle garde.

 

Achevé en 1871 le recueil des diaboliques lui vaudra des poursuites judiciaires en 1874. Il obtiendra un non lieu mais avec retrait de l’ouvrage.
L’histoire que raconte ces 6 nouvelles a les mêmes caractéristiques que les romans qui précèdent : personnages puissants, passions entières, profonde liaison du crime, du plaisir et du secret, impunité du sacrilège, profanation et punition de l’innocence, présence mystérieuse mais certaine de Satan…


Le rideau cramoisi

Le narrateur voyage en diligence avec le vicomte de Brassard lorsque la voiture, en raison d'un léger accident, se trouve arrêtée sous les fenêtres d'une demeure provinciale, dans une petite ville de l'Ouest. Cette maison fut précisément le théâtre d'une tragique aventure de jeunesse pour le vicomte qui en entreprend le récit. Jeune officier de dix-sept ans, il logeait en ce lieu même, chez un couple de bourgeois. Leur fille, Alberte, vint une nuit le rejoindre dans sa chambre. Peu de temps après, au cours d'une de leurs étreintes voluptueuses, elle mourut mystérieusement dans les bras de son amant. Affolé, il prit la fuite et, aujourd'hui encore, il ignore ce qui advint ensuite. Soudain, Brassard et le narrateur aperçoivent une silhouette derrière le rideau cramoisi d'une fenêtre éclairée, et le vicomte croit reconnaître Alberte au moment où la voiture, enfin réparée, se remet en route.

 
Le plus bel amour de don juan

Lors d'une conversation mondaine, le narrateur relate une anecdote qui lui a été rapportée par le comte Ravila de Ravilès, nouvel avatar de Don Juan. Ce dernier, au cours d'un dîner récemment organisé par plusieurs de ses conquêtes parisiennes et aristocratiques, a été prié de raconter l'histoire de son plus bel amour. Il révèle que la fille de l'une de ses anciennes maîtresses, âgée de treize ans, s'accusa un jour auprès de son confesseur et de sa mère, en toute naïveté et toute bonne foi, d'être enceinte. D'après elle, cela lui était arrivé pour s'être une fois assise sur un fauteuil que Ravila venait de quitter. Tel est le plus beau souvenir amoureux de Don Juan.

 

Le bonheur dans le crime

Se trouvant au Jardin des Plantes en compagnie du docteur Torty, le narrateur est soudain fasciné par un fier et superbe couple de promeneurs; le docteur, qui connaît ces derniers, conte alors leur histoire. La belle Hauteclaire Stassin, professeur d'escrime dans une petite ville de province, disparut soudain mystérieusement. Appelé un jour au chevet de la comtesse de Savigny, le docteur découvrit que la fière Hauteclaire était devenue femme de chambre et partageait secrètement l'amour du comte, Serlon de Savigny. La comtesse mourut quelque temps plus tard, empoisonnée par le contenu d'une fiole que lui avait fait boire sa femme de chambre; certaine qu'il ne s'agissait pas d'un accident, Mme de Savigny agonisante, pour l'honneur de son nom, pria toutefois le docteur de garder ce crime secret. Après sa mort, Hauteclaire devint comtesse de Savigny et le couple file désormais le plus parfait et scandaleux amour.

 

Le Dessous de cartes d'une partie de whist.

Au cours d'une soirée mondaine, un "étincelant causeur" conte "un de ces drames cruels" dont il a été témoin durant sa jeunesse, dans une bourgade provinciale où la noblesse se passionnait pour le jeu de whist. Un jeune joueur anglais, Marmor de Karkoël, et la froide comtesse du Tremblay de Stasseville y entretenaient une liaison amoureuse qui demeura longtemps ignorée. La fille de la comtesse, Herminie, aimait Karkoël. Elle mourut bientôt et la narration suggère, sans en donner la certitude, qu'elle fut empoisonnée par sa mère et son amant. Après le départ de Karkoël et la mort de la comtesse, on découvrit le corps d'un nouveau-né qui avait été enterré dans une jardinière du salon de cette dernière.

 
A un diner d’Athée

Lors d'un dîner, le capitaine Mesnilgrand est prié par un ami qui l'a surpris entrant dans une église d'expliquer sa présence pour le moins étrange en un tel lieu. Il raconte alors que, jeune officier de l'Empire, il eut, comme bien d'autres, une aventure galante avec la belle Rosalba, la femme du major Ydow. Caché dans un placard, il fut un jour témoin d'une dispute du couple dont la violence tourna à l'horreur: après que Rosalba eut crié au major que l'enfant mort dont ils conservaient le cœur n'était pas de lui, ils se frappèrent mutuellement avec cette pieuse relique. Le major, avisant de la cire bouillante sur une table à écrire, cacheta finalement le  sexe de sa femme. C'est le cœur de l'enfant, le sien peut-être, que Mesnilgrand était récemment allé confier à un prêtre.

 
Une vengeance de femme

Une prostituée que Robert de Tressignies a suivie chez elle lui raconte son histoire. Duchesse d'Arcos de Sierra Leone, elle est la femme d'un Grand d'Espagne qui a, sous ses yeux, fait assassiner son platonique amant et donné son coeur à dévorer à des chiens. Souiller l'honneur du duc, plus précieux pour lui que la vie, est l'horrible et subtile vengeance que sa femme a trouvée: celui-ci apprendra un jour, et toute l'Espagne avec lui, la mort honteuse de la duchesse à l'hôpital. Un an plus tard, dans un salon, c'est effectivement ce qui est révélé à l'ambassadeur d'Espagne en présence de Tressignies: l'œuvre de la duchesse est accomplie.

 Résumés extraits d’un site sur la littérature.

Les manifestations en cours sur le bicentenaire  (1)  - (2)

Si pour une raison que j’ignore vous ne fréquentez pas la bibliothèque, retrouvez des extraits de textes sur (1)  (2)  (3)  (4)

Les lieux décrits par Barbey d’Aurévilly (1)  (2)

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Published by gilles barba - dans ARCHIVES LIVRES
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