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13 juin 2009 6 13 /06 /juin /2009 08:17


Nous étions finalement assez peu nombreux – au regard du nombreux d’érudits locaux - à venir écouter les exposés de Céline Blondeau et Christophe Toupet à quelques heures seulement du remblaiement de la fouille archéologique du Camp César.

La fouille s’arrête prématurément à l’occasion de transactions immobilières. Le centre d’initiation à l’archéologie ne verra jamais le jour et les archéologues départementaux resteront sur certaines hypothèses que la fouille de la pointe de l’éperon aurait pu lever.

Du coup c’est avec beaucoup d’émotion que Christophe Toupet s’est adressé à ses auditeurs. J’ai cru déceler par moment des vibratos dans sa voix. Peut être un signe de tristesse et de déception de n’avoir pu aboutir le projet d’archéologie expérimentale qui aurait permis à de nombreuses classes d’expérimenter ce qu’était la vie quotidienne à l’âge de fer.

Je crois que cette émotion était partagée parce que certains d’entre nous sont très attachés à leur village et collectionnent tout ce qui s’y rapporte : cartes postales, des articles de presse…et tente de conserver un peu la mémoire collective.

Quant à moi, je me souviens encore de notre première rencontre. C’était à l’occasion de la Fête du Patrimoine. Nous venions d’emménager et en suivant le circuit de randonnée de l’Aubette qui longe l’ancienne voie ferrée et la cressonnière, nous étions tombés nez à nez avec Christophe Toupet, campé au pied de l’éperon avec derrière lui trois panneaux d’affichage.

On s’était assis dans l’herbe et on l’avait écouté – comme on écoute un conteur - nous dévoiler l’histoire du Camp César…D’ailleurs tout commence par un mythe, celui du Camp César, un mythe orchestré au 19ème siècle par Achenbach, l’exploitant des carrières de Nucourt qui voulut se faire mousser auprès de la Société d’Archéologie de Pontoise au risque de soutenir…l’insoutenable. En tout cas c’est déjà un beau début d’histoire !

En plus, tout cela me renvoie à mes chères études comme on dit. A l’époque je suivais les cours d’Henri Bresc à Nanterre, un passionné d’histoire de la méditerranée et plus particulièrement de la Sicile médiévale. Il m’avait encouragé à suivre l’option d’archéologie médiévale animée par Jean Marie Pesez et remettre à plus tard la paléographie.

C’est comme ça que je me suis retrouvé d’abord à fouiller sous la direction de Jean Michel Poisson la motte de la Bastide de Gironville – dite Fort Sarrazin – à Ambronay dans l’Ain, vestige d’une fortification de pierre et de bois édifiée en 1323 au moment des la guerre entre le Dauphiné et la Savoie et détruite en 1330 ; à suivre au musée National des Arts et Traditions Populaire un séminaire de Françoise Piponnier sur l’équipement des foyers villageois du 14ème siècle d’après les inventaires après décès et de participer enfin


aux fouilles du castrum de Calathamet, commune de Calatafimi en Sicile. J’ai été d’ailleurs ému de trouver sur le net la photo du ou plutôt des fours que j’exhumais cet été là, en préparant ce petit texte ! De retour de Sicile je soutenais mon mémoire sur Guibert de Nogent et la 1ère croisade devant Pierre Riché, spécialiste des Carolingiens. Voilà un destin contrarié ! Autant dire qu’écouter nos 2 archéologues, c’est pour moi boire du petit lait !

 

Qu’est-ce qu’on peut retenir des exposés de Céline Blondeau et Christophe Toupet ? Hé bien, d’abord, le site a une situation exceptionnelle qui en fait un parfait refuge une fois construit le fameux rempart. Il a été occupé dès le 5ème siècle avant notre ère et il est probable qu’il s’agissait à l’époque d’un sanctuaire lié à l’eau. Ce premier rempart a été restauré à trois reprises, à l’identique, jusqu’au Moyen Age et plus précisément à l’époque du traité de Saint Clair sur Epte au cours duquel Charles III le Simple cède le duché de Normandie au chef Viking Rollon. Le site dit du Camp César accueille alors certainement une garnison destinée à endiguer les incursions des pillards.

L’étude du rempart et du fossé qui lui est associé permet d’analyser le travail des carriers au Moyen Age. Les traces découvertes à la surface des parois des fossés et un bloc débité mais non extrait permettent entre autre de comprendre le mode d’exploitation d’une carrière, les gestes professionnels et les outils utilisés, les méthodes de levage des blocs du fossé jusque sur le rempart. Les traces de chaux découverte au fond du fossé ne sont pas celle d’un incendie de palissade comme on a pu le penser un temps, mais sont en fait les vestiges d’un four à chaux provisoire qui a permis de réaliser le parement extérieur de la fortification.

Je laisse aux archéologues le soin d’éditer sur ce blog un article plus scientifique.

Concernant les sempiternelles questions à propos de l’église, on peut désormais affirmer qu’elle n’a pas toujours été excentrée. Archéologues et historien ont retrouvé la mention d’une rue bordée de maisons qui reliait le village à l’édifice. Quant à savoir dans quelles conditions elle a disparu, c’est une autre histoire…

   

Enfin, le regard affûté, toujours à dénicher les anomalies de restauration ont permis d’en savoir un peu plus sur les étapes de transformation de l’église. Au-delà des évidences que le promeneur peut observer aisément, Christophe Toupet nous propose de reconstituer cette évolution en 6 étapes :

   
     

Voilà, les quelques années qu’ont passé Céline Blondeau, Christopher Manceau, Christophe Toupet et tous les stagiaires sur le site du Camp César auront permis de rendre au village de Nucourt une grande partie de son histoire.

 
 

Mais il reste toujours du travail. Personnellement je pense que les vestiges du Four à chaux que l’on perçoit encore en hiver au travers du sous-bois lorsqu’on emprunte la route de Serans mériterait d’être réhabilité comme on réhabilite les lavoirs. Des associations telle que Rempart sont tout à fait disponibles pour aider à évaluer ce type de projet. Evidemment c’est une propriété privée…

Par curiosité, j'ai retrouvé un album photo sur Picassa....

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Published by gilles barba - dans ARCHIVES ANIMATIONS
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commentaires

Bouyahiaoui 29/01/2011 20:55



Monsieur toupet a pris du poids....mes respects


 



Bouyahiaoui azaddin 29/01/2011 20:44



Bonjour! Je ne peux exprimer la fierté, l'honneur et la surprise de revoir,d'abord, l'image d'une personne qui m'est très chère.En effet Monsieur TOUPET CHRISTOPHE fut durant 3 semaines un
de mes meilleurs professeurs. Je peux témoigner de sa générosité de sa gentillesse de sa disponibilité et surtout de son grand savoir. Aujourd'hui, moi même professeur à l'université
d'Alger 2, j'ai besoin de ce savoir .... mais en ce moment à tous ceux qui le connaissent de lui transmettre mes respect et ma reconnaissance.


p.s. Si vous avez les coordonnées de: Philipe Soulier, Monique Lemoine et ceux qui ont participé aux fouilles du site de Maubuisson dans le Val-d'Oise de me les communiquer.Merci.



troboa 17/10/2009 11:29


bonjour Gille!! c'est Melvin, je regarde souvent le site et j'était mort de rire quand j'ai vu le chapitre sur ma mère a la clarinette!! Bon a++

                                                
Melvin


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