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16 juillet 2007 1 16 /07 /juillet /2007 07:15

Il arrive parfois qu’on entre dans une œuvre sans arrière pensée, juste pour se détendre, et voilà-t-il pas qu’on est embringué dans un maillage de références qui nous renvoient d’une œuvre à une autre. Mais où cela s’arrêtera-t-il donc ?

 

Pour moi, tout a commencé le soir où la télé a diffusé le « Le mystère de la chambre jaune » de Bruno Podalydès ! C’est bizarre d’aborder des livres par le cinéma mais c’est le parti pris de mettre en valeur les ressources de la Bibliothèque dès que l’actualité le permet. L’opportunité fait la critique !

 

Evidemment l’adaptation de Bruno Podalydès (dont j’avais découvert en 1992 le « Versailles rive gauche » avec curiosité) est une interprétation très personnelle du roman de Gaston Leroux. Ceci dit c’est une version très rafraîchissante, décalée parfois, qui donne envie de revenir aux sources.

 

Désormais l’intrigue est devenue un huis clos : le château des Stangerson est au cœur de l’énigme et l’histoire est une sorte de chassé croisé façon vaudeville ; certains personnages ont disparu ; les costumes font référence aux années 30 alors que l’action se situe en 1892 et, cerise sur le gâteau, le postiche de Ballmeyer est remplacé par un casque de soudeur !

C’est le type de clin d’œil qui m’a donné envie de revoir « La cité de la peur – le film de les Nuls » dans lequel Emile Gravier joue le serial killer caché derrière son masque de soudeur en faisant crissé la lame de sa faucille le long des murs. Cette séquence est elle même peut être empruntée, détournée, de quelqu’autre film d’horreur.

 

Par je ne sais trop quelle fantaisie, le personnage de Rouletabille prend des allures tintinesque. Il est rajeunit et ses feux de plancher rappellent un peu les culottes de golf. Enfin, le ton, ironique, souvent comique, donne le sentiment que le film ne se prend jamais très au sérieux sans jamais toutefois dénaturer l’original, au contraire.

 

« Le mystère de la chambre jaune » est un classique du roman policier français. Il est d’abord paru en feuilleton en 1907 et lance la carrière de Gaston Leroux (1868-1927). Il est considéré comme l’un des derniers grands feuilletonistes. Il aura une influence immense sur Agatha Christie qui avoue s’être lancée dans l’écriture après la lecture du « Mystère de la chambre jaune ».

 

Au petit jeu des influences rappelons que Gaston Leroux – Rouletabille rend hommage, quant à lui, au célèbre Sherlock Holmes auquel il emprunte quelques traits de caractère dont le sens de la déduction mais aussi la pipe, et même le patronyme de Stangerson !

 

Pour en revenir sur le rapport Rouletabille-Holmes, on peut remarquer un parallèle amusant : dans une Étude en rouge, Holmes critique assez durement ses deux modèles littéraires, le chevalier C. Auguste Dupin (d'Edgar Allan Poe) et l'inspecteur Lecoq (d'Émile Gaboriau). Dans le Mystère de la chambre jaune, Holmes est à son tous mis à mal par Rouletabille :

 

"Je me trouve plus abject, plus bas dans l'échelle des intelligences que ces agents de la Sûreté imaginés par les romanciers modernes, agents qui ont acquis leur méthode dans la lecture des romans d'Edgar Poe ou de Conan Doyle. Ah ! Agents littéraires... qui bâtissez des montagnes de stupidité avec un pas sur le sable, avec le dessin d'une main sur le mur ! "À toi, Frédéric, à toi, l'agent littéraire !... Tu as trop lu Conan Doyle, mon vieux !... Sherlock Holmes te fera faire des bêtises de raisonnement plus énormes que celles qu'on lit dans les livres... Elles te feront arrêter un innocent... Avec ta méthode à la Conan Doyle, tu as su convaincre le juge d'instruction, le chef de la Sûreté... tout le monde... Tu attends une dernière preuve... une dernière !... Dis donc une première, malheureux !..." (Chapitre XVIII)

 

Nous voilà sur une nouvelle piste, celle d’Edgar Poe.

Au premier abord je ne vois pas bien le lien mais le voile est vite levé. Figurez-vous qu’Edgar Poe est considéré comme le père du roman policier avec sa nouvelle intitulée « Double assassinat dans la rue morgue » (Histoires extraordinaires) dans laquelle le Chevalier Dupin doit faire face à une histoire de meurtre incompréhensible et surnaturel. Je ne vous en dirai pas plus… Edgar Poe invente ainsi ce thème récurent de la littérature policière : le mystère des chambres closes. Dans son premier roman, « La mystérieuse Affaire de Styles », Agatha Christie confronte justement Hercule Poirot à une affaire de chambre close.

La boucle est presque bouclée à ceci prêt que toutes ces histoires de chambres closes me rappellent une pochade de Patrice Leconte et Marcel Gotlib – pas Gottlieb, les flippers – le papa de Gay Luron, Hamster Jovial, Pervers Pépère et tant d’autres… intitulée « Les wc étaient fermés de l’intérieur » avec Coluche et Jean Rochefort. Je ne le reverrai pas de si tôt, je l’ai vendu sur la brocante. Tans pis !

« Le parfum de la dame en noire » est la suite du « Le mystère de la chambre jaune ». Il a aussi été tourné par Bruno Podalydès.

 

 

Aussi disponible en bibliothèque : les aventures de Chéri-bibi.

Elles mettent en scène un forçat accusé d'un crime qu'il n'a pas commis et qui, à la suite d'une opération de chirurgie esthétique, prendra la peau du véritable assassin, Maxime du Touchais. Sous les traits de celui-ci, Chéri-Bibi trouve le bonheur conjugal avec Cécily, la femme qu'il a toujours aimée. Mais Maxime du Touchais est le meurtrier de son beau-père…

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Published by gilles barba - dans ARCHIVES LIVRES
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commentaires

ZooLive 16/12/2007 06:01

"Par je ne sais trop quelle fantaisie, le personnage de Rouletabille prend des allures tintinesque. Il est rajeunit [...]"J'avoue que je ne comprends pas bien pourquoi vous le dites "rajeuni" ? Dans le roman, Rouletabille à dix-sept ou dix-huit ans, âge largement dépassé par l'acteur qui l'incarne... "Vieilli" serait plus indiqué, en l'occurrence, non ?

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