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14 septembre 2007 5 14 /09 /septembre /2007 06:45

France 2 rediffusait avant hier l’excellent « Colette, une femme libre ». Le tournage de ce téléfilm qui retrace vingt années de la vie de Colette s’achevait par une terrible tragédie : la mort de l’actrice et co-scénariste Marie Trintignant sous les coups de son amant, en juillet 2003, à Vilnius en Lituanie. Son décès puis le procès de Bertrand Cantat (chanteur culte du groupe Noir Désir) ont déclenché une vive émotion et une couverture médiatique considérable. Ce téléfilm est une bonne introduction à l’œuvre de Colette. Au delà de l’écrivain il y a une personnalité stupéfiante. Qu’en disait Marie Trintignant lors de la promo ?

Pour vous, qui était Colette ?

Une petite paysanne devenue une grande écrivain. Mais aussi une éternelle amoureuse...L’amour occupait une place essentielle dans sa vie...Colette a beaucoup aimé mais aussi souffert. Je ne comprends pas comment la grande provocatrice qu’elle était est parvenue à supporter tout ce qui lui est arrivé en amour. Elle a eu une patience... Parler de masochisme serait sans doute abusif. Quoique... Au bout d’un moment, on a beau lui trouver des excuses, on ne peut pas s’empêcher de se dire qu’elle est allée parfois très loin. Rien que le fait de rencontrer les maîtresses de ses maris est signe d’une certaine perversité. Colette devait être une femme très dure.

Vous éprouvez de la sympathie pour ce personnage ?

Je la défends, tout simplement. Je la vois comme elle était, avec ses qualités et ses défauts. Colette, on ne pouvait pas la rendre seulement sympathique. Nous avons toujours essayé d’être justes avec les différents personnages, de ne pas sombrer dans le manichéisme. Pour les personnages masculins, nous voulions vraiment tirer le meilleur d’eux-mêmes, rendre leurs défauts émouvants. Il était inutile d’enfoncer davantage Willy, par exemple. C’était un menteur-né mais sa fragilité était de ne pas pouvoir s’en empêcher.

Est-ce que la vie de Colette peut être considérée comme un modèle ?

Sa vie est un modèle. Un modèle de courage. C’est une femme partie de rien qui est arrivée à l’Académie de Bruxelles. Maintenant, c’est vrai que Colette n’est pas un exemple à tous les niveaux.... Mais peu de gens le sont, non ?

Pour revenir à une évocation plus banale, tout le monde s’accorde pour dire que Colette (1873-1954) a grandi au sein d’une famille heureuse, aimante mais peu fortunée, à St Sauveur en Puisaye en Bourgogne. Elle partage son enfance et son adolescence entre une vie champêtre et la lecture dans la bibliothèque paternelle.

 

 

En 1893 elle se marie avec Henry Gauthier-Villars dit Willy, étoile montante du Tout-Paris qui l’introduit dans les salons littéraires. Malheureuse en ménage – son mari est volage - elle est entraînée dans les mondanités joyeuses et lassantes de la Belle Epoque. Elle publie sous le nom de Willy le cycle des Claudine.

Après sa rupture en 1906, elle consomme sa nouvelle liberté dans les bras de Missy (Mathilde de Morny). C’est l’époque des paradis artificiels, des scandales, des expériences érotiques et homosexuelles…c’est aussi la grande époque du music-hall. Colette joue en effet la pantomime au music-hall, Pan au théâtre Marigny, Rêve d’Egypte au Moulin Rouge, La chair au Bataclan….et fait partie des tournées Baret. Ces prestations sont souvent des bides !

C’est à cette période qu’elle écrit ses premières œuvres personnelles : la vagabonde (1910) et l’entrave (1913). Elle collabore aussi au Matin où elle rencontre Henry Jouvenel des Ursins, politicien (futur ambassadeur de France) et rédacteur, dont elle aura une fille surnommée Bel-Gazou.

Au cours de la première Guerre Mondiale le journalisme devient son activité principale. Elle rédige les « Contes des mille et un matins », des chroniques de ses voyages en Argonne et en Italie et enfin des critiques artistiques. Elle publie un peu plus tard deux célèbres romans : Chéri (1920) et Le blé en herbe (1923) qu’elle signe enfin du nom de Colette.

En 1925 elle rencontre Maurice Goudeket. Elle semble enfin s’épanouir dans une union confiante. Elle partage son temps entre le Palais Royal et St Tropez. C’est une période de maturité dit-on. Elle se lance dans une activité de conférencière en France et dans les pays francophones sur les thèmes de « l’homme chez la bête », « le problème de la vie à deux », « l’envers du music-hall », « des deux côtés de la rampe »…

Elle se lance aussi dans une brève aventure commerciale. Elle donne son nom à une gamme de produits cosmétiques et ouvre une boutique et un institut de beauté rue de Miromesnil. C’est un flop !

Elle passe la seconde Guerre Mondiale à Paris et livre ses confidences dans Journal à rebours et De ma fenêtre. Sa santé se dégrade à cette époque mais elle continue d’écrire des romans dont le plus célèbre est encore Gigi (1944).

Après la libération, elle est couverte d’honneurs : Académie Goncourt, Légion d’Honneur…Le grand public apprécie surtout ses Claudines, son évocation de l’enfance et de la nature. Maurice Goudeket raconte toue cette période dans un recueil de souvenirs intitulé "Près de Colette".

Malgré sa réputation sulfureuse et le refus des obsèques religieuses par l’Eglise catholique, Colette est la seule femme à avoir eu droit à des funérailles nationales. Elle est enterrée au cimetière du Père Lachaise à Paris.

D’un point de vue littéraire, les critiques reconnaissent dans son écriture l’influence de Willy. « Il est possible qu’elle doivent à cet « apprentissage » son aisance dans l’utilisation des souvenirs et son emplois intensif, impressionniste, des détails produisant un effet de réel. »

L’autre école qui marque durablement son travail, c’est la collaboration avec la presse périodique. Elle livre ses œuvres en feuilletons. « La technique du feuilleton est peut être responsable de la brièveté des chapitres de Colette, de leur structure à la fois close et dynamique ; ouverts par quelques lignes de dialogue ou de description qui introduisent d’emblée dans une atmosphère ; organisés comme des scènes théâtrales, les chapitres font ainsi avancer, par boucles séparées, la situation romanesque vers son dénouement. »

La rédaction de chronique aura aussi une influence sur son œuvre avec cette facilité à croquer les portrait les situations et à trouver les répliques marquantes. Mais au final Colette reste très classique dans l’écriture. C’est ailleurs qu’il faut chercher son originalité. C’est dans son regard. A vous de juger...

Voici un lien vers des résumés.

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Published by gilles barba - dans ARCHIVES LIVRES
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