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23 octobre 2009 5 23 /10 /octobre /2009 13:42


A l’occasion du Festival Jazz au Fil de l’Oise, la Bibliothèque Départementale a proposé aux bibliothécaires une rencontre avec le guitariste Louis Winsberg. Un pur moment de bonheur ! Je suis assez friand de ces moments intimistes et d’échanges avec les artistes. Et là justement, on est face à quelqu’un de disponible, de disert, de passionnant. Un régal de médiation culturelle !

Personnellement je me souviens parfaitement de la première fois où j’ai écouté Sixun. C’était dans la piaule d’un pote photographe et néanmoins vendeur de matériel hi-fi, rue du Vieux Versailles à…Versailles. Il était très à cheval sur la qualité du son et s’équipait en conséquence. De ce côté-là, c’était parfais. Par contre il nous bourrait le crâne avec ses standards du jazz. C’était souvent répugnant !

J’en étais à ce délicat passage de la pop-rock-folk des années 70 à des univers jazz-rock, world, électro. Tout avait commencé un peu plus tôt avec Robert Fripp, Brian Eno et Brand X. D’une certaine façon la page était tournée. Les nouvelles idoles seraient John Mc Laughlin, Santana, Herbie Hanckok et les Head Hunters, Weather Report, Return to forever, jean Luc Ponty, Jaco Pastorius, Stanley Clarke, Billy Cobham, Al Di meola, David Sanborn, Tony Williams, Yellow Jackets, Larry Coryell, Allan Holdsworth, Chick Corea, Steps Ahead, Passport…D’autres suivront mais la liste serait un peu longuette…

L’oreille s’affinait aussi au cours de longues soirées à fréquenter le Kilt, un pub où des musiciens de jazz – disons classique – se produisaient tous les soirs.

C’est dans cette ébullition que sortent successivement 2 pointures Uzeb et Sixun. Y’a vraiment plus de raison d’être complexé, il y a bel et bien un jazz fusion dans l’hexagone ! Ca tombe bien, on est alors en pleine exception culturelle !

C’est marrant de rencontrer Louis Winsberg aujourd’hui. Depuis Sixun, je n’ai pas spécialement suivi sa carrière et je découvre avec stupéfaction qu’il a opéré un glissement vers le flamenco. Le voilà à la guitare tandis qu’on finit le café. Jaleo ! C’est excellentissime !! Je ne peux pas m’empêcher de penser à John Mac Laughlin et à ses Shakti et Saturday night in San Francisco. « C’est un retour au origines » dit-il. Ce sont les frères Reyes – alias Gipsy King – qui l’ont encouragé à la guitare. Il a d’ailleurs quelques anecdotes croustillantes à leurs sujets. Puis c’est la montée à Paris, le lycée musical de Sèvres, les concerts dans les cabarets et enfin la rencontre avec les autres membres du futur Sixun, le succès, les tournées…

En parallèle, Louis Winsberg développe des projets personnels et de nombreuses collaborations – Tient ! - avec Maurane tout récemment. C’est cette capacité à se diversifier qui lui permet de ne pas être trop touché par la récession qui touche l’industrie du disque. Il est bien loin des 20 000 albums qu’il vendait avec Sixun, les royal-tea aujourd’hui c’est peanuts et ce sont les 50 à 80 concerts annuels avec ses différents projets : Jaleo, Douce France et Marseille Marseille qui lui permettent de poursuivre sa carrière d’artiste.

C’est vraiment quelqu’un de passionnant. Il nous invite à un voyage instrumental et musicologique. On découvre l’univers du flamenco, les allers retours des rythmes entre l’Espagne et l’Amérique du Sud, la rumba camarguaise et la guitare-sitar. On découvre aussi les différents touchers qui caractérisent certains musiciens, les accords abracadabrantesques, les effets du médiator. On expérimente aussi la rythmique du flamenco en l’accompagnant timidement en claquant dans nos mains. Encore un peu et on se croirait dans le Carmen de Carlos Saura. C’est vraiment une journée mé-mo-rable !

Mais c’est pas fini, Samedi 17, Louis Winsberg – qui est en résidence - lance le festival à la Maison de l’île à Auvers sur Oise. Ce soir, on découvre Douce France, je l’ai fait tourner dans la voiture vite fait avant de venir. Il s’agit d’improvisations sur des thèmes de Nino Ferrer, Julien Clerc, Brassens, Nougaro…Il nous avait fait écouter des petites choses au cours de la formation mais sur scène c’est tout autre chose. Des impros déboussolantes qui nous éloignent parfois très loin des thèmes originaux, c’est tant mieux, je ne suis pas venu écouter des réorchestrations. Et là, on est servi…Vous pouvez encore le retrouver sur scène au cours du Festival ùais dépêchez-vous de réserver !

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Published by gilles barba - dans ARCHIVES MUSIQUE
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