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23 avril 2007 1 23 /04 /avril /2007 08:04

Italo Calvino est un écrivain de premier plan sur la scène littéraire et dans la vie culturelle italienne depuis al fin de la seconde guerre mondiale. Après la chute de Mussolini, il prend le maquis. Son premier livre en 1947, « Le sentier des araignées », est d’ailleurs une évocation de la résistance italienne. Puis viennent d’autres récits et nouvelles mais ce sont ses contes philosophiques réunis sous le titre « Nos ancêtres » qui le rendent définitivement célèbre : « Le vicomte pourfendu » (1952), « Le baron perché » (1957), « Le chevalier inexistant » (1959). Son recours au fantastique et à l’ironie ne peut effacer les réflexions sérieuses sur les rapports sociaux et familiaux. En 1956, il quitte le Parti Communiste italien. Il compile une vaste anthologie de fables italiennes. Puis il reprend l’écriture à partir de 1965. Il inaugure de nouvelles formes de récits, plus fantastiques, improbables, nébuleux mais toujours tempéré de comique pour interpréter sa comédie humaine. En 1968 notamment, il publie « Le château des destins croisés » où c’est le tirage des cartes du tarot qui servent de fil conducteur à l’histoire. « Les villes invisibles » en 1972 réunit des dialogues entre Marco Polo et Koubilai Khan. Il disparaît en 1985.

 Le vicomte pourfendu

 

Au cours d'une bataille contre les Turcs, Médard de Terralba, chevalier génois, est coupé en deux par un boulet de canon. Ses deux moitiés continuent de vivre séparément, fane faisant le bien, l'autre mutilant tout sur son passage. Ce conte est pétri d'humour et de cynisme. Le monde imaginaire de Calvino où des doigts coupés indiquent la route à suivre, où les lépreux vivent heureux a pourtant toutes les couleurs du réel Et le Vicomte pourfendu prouve avec brio que la vertu comme la perversité absolues sont également inhumaines.

Les villes invisibles

 

Les villes que voici n'ont leur place sur aucun atlas, et on ne sait à quel passé ou présent ou futur appartiennent ces cités qui portent toutes le nom d'une femme. Peu à peu, le lecteur est conduit au milieu d'une mégalopolis contemporaine près de recouvrir la planète. Et tout au long passent des villes qui ne peuvent exister qu'en rêve : filiformes, punctiformes, dédoublées, effacées. Relation de voyage d'un Marco Polo visionnaire auprès d'un Khan mélancolique, ces nouvelles d'un monde rêvé forment un fragile et merveilleux catalogue d'emblèmes.

Palomar

 

A la suite d’une série de mésaventures qui ne méritent pas d’être rappelées, monsieur Palomar avait décidé que sa principale activité serait de regarder les choses du dehors. ” Et voilà le personnage de Palomar créé : Palomar, ou les aventures et les mésaventures du regard. Car vous savez, vous, comment observer une vague, une seule, en la distinguant bien de toutes les autres ? Ou comment prêter au sein nu d’une dame sur la plage ce qu’il faut d’hommage sans ce qui messiérait d’insistance ? Et puis, que faire avec un reflet de soleil, si parfaitement perceptible et si fuyant dès qu’on l’approche ? En vacances, en ville, en… silence, Palomar tente de maîtriser de l’œil un brin d’herbe ou un fromage, une étoile ou un jardin zen, deux tortues qui font l’amour, ses semblables et lui-même ; et les complications dans lesquelles il se retrouve le laisse parfois pantois. Calvino est un merveilleux dessinateur d’eaux-fortes : jamais il ne l’a mieux montré qu’ici. Libre à chacun de reconnaître, sous les perplexités ratiocinantes du voyeur, beaucoup de philosophie ; et, sous l’humour, une pincée de désespoir.
“En la relisant, je m'aperçois que l'histoire de Palomar peut se résumer en deux phrases : Un homme se met en marche pour atteindre, pas à pas, la sagesse. Il n'est pas encore arrivé.” I.C.

Le baron perché

 

Monté à douze ans dans les arbres, Côme, baron du Rondeau, décide de ne plus jamais en descendre. Nous sommes en 1770. Des années plus tard, toujours perché, il séduira une marquise fantasque et recevra Napoléon en grande pompe.
Autoportrait, conte philosophique, Le Baron perché est une éblouissante invention littéraire, où Côme circule au milieu des yeuses comme Calvino dans les lignes.

Le château des destins croisés

 

Une table d'hôte - château ou taverne -, c'est un des lieux de la tradition romanesque : chacun n'y va-t-il pas, après souper, de son récit ? Mais pour peu qu'un enchantement ait rendu tous les convives muets, que faire ? Sinon prendre un jeu de tarots et raconter son histoire à coups d'images : en alignant toutes les figures avec lesquelles un récit peut se construire.

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Published by gilles barba - dans ARCHIVES LIVRES
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